17/02/2011

Beethoven par le Quatuor Pascal ou la recherche du son perdu

Découverte. Lorsque je suis à Genève le samedi, et selon les humeurs du ciel, j'aime faire le tour du marché aux puces de Plainpalais. J'en connais de nombreux marchands. A force d'habitude, plusieurs d'entre eux me traitent en familier, certains me tutoient. Le marché aux puces est l'un des derniers conservatoires urbains de l'accent genevois.

J'ai connu une période bouquins; je ne sais plus où les mettre. Depuis quelques années, je farfouille surtout sur les stands offrant des disques microsillons récupérés dans les caves et greniers. Le jazz est plus coté que la musique classique. Dans l'un ou l'autre genre, il m'arrive de débusquer des merveilles.

L'autre samedi, je repère dans un carton à bananes un épais coffret. L'intégrale des quatuors de Beethoven par le Quatuor Pascal, dans une présentation encore jamais vue. Je recherche depuis longtemps ces enregistrements du début des années 1950, qui ne sont pas réédités. Chaque disque est inséré dans une robuste pochette cartonnée et illustrée. Le coffret est défraîchi, les pochettes sont en parfaite condition, les disques visiblement peu joués. Je les compte. Dix disques sont annoncés, le coffret n'en contient que neuf. Déception!

Dépité, j'avise plus loin, chez le même marchand, d'autres enregistrements sur vinyle. J'inventorie le lot d'une main rapide et désabusée. Je tombe en quelques instants sur le disque manquant. Il s'est échappé du coffret, je ne sais comment. Du coup, j'ai l'impression de toucher le Graal.

A l'époque de mon adolescence, les microsillons étaient coûteux. Il fallait attendre les Fêtes ou son anniversaire pour s'en faire offrir un ou deux de grandes marques. La découverte de la musique passait alors par une institution à laquelle je voue une reconnaissance durable: la Guilde internationale du disque. Son antenne genevoise était située à ses débuts dans une échoppe rue Maurice, proche du Collège.

Ni les chefs, ni les solistes, ni les orchestres ne comptaient parmi les plus prestigieux du moment. Il existait de belles exceptions, comme La Création de Joseph Haydn par Clemens Krauss, avec Julius Patzak, ou le concerto pour violon de Beethoven par David Oïstrakh et Alexander Gauk.

Les interprètes n'étaient dans leur ensemble nullement indignes du répertoire. Parmi d'autres, je continue d'écouter aujourd'hui avec bonheur les concertos pour piano de Chopin, de Schumann ou de Tchaïkovski par un pianiste australien sensible et doué, Noel Mewton-Wood, qui s'est donné la mort à l'âge de 31 ans.

L'intégrale des quatuors de Beethoven par le Quatuor Pascal appartient aux joyaux de la Guilde, distribuée sous son label de prestige «Concert Hall», à peine plus onéreux que ses «MMS» (Musical Masterwork Society), dont les étiquettes bleues ont tourné sur tant d'électrophones de jeunes mélomanes. Chaque pochette présentait un hardi portrait du compositeur, sur fond de couleur. J'ai le souvenir de n'avoir possédé que les derniers quatuors. Je ne sais plus ce qu'ils sont devenus, sinon qu'ils n'ont pas résisté à mes déménagements, à l'usure ou simplement (et stupidement!) à l'arrivée du disque compact.

Le coffret que je viens de découvrir fut édité par une guilde américaine, la Classics Record Library. Les enregistrements restituent la superbe interprétation du quatuor, dont l'altiste éponyme, Léon Pascal, fit partie dans les années 1930 du mythique Quatuor Calvet.

L'image intérieure que l'on se forme des œuvres musicales reste étroitement dépendante des premières écoutes, lorsqu'elles ont été répétées. C'est un effet indéniable et sans doute discutable de la musique enregistrée, dénoncée par Adorno. Les Vegh, les Juilliard, les Alban Berg, bien d'autres encore, sont passés par mes oreilles, en disque ou en concert. Ma perception des quatuors de Beethoven depuis plus de cinquante ans reste marquée par le timbre, le volume, la matière sonore des musiciens français, et leur gravure en trente-trois tours.

Ma promenade au marché aux puces a mené à sa fin ma recherche du son perdu.

 

Le blog Marges a été définitivement fermé en février 2011.

Daniel Cornu continue de tenir le blog La page du médiateur sur http://www.mediateur.tamedia.ch.

12/02/2011

La "Tribune" et ses anciens "collabos"

Histoire. L'ouvrage remarquable d'Alain Clavien, Grandeurs et misères de la presse politique (Editions Antipodes), n'est pas tout à fait exempt de menues faiblesses dans la restitution des faits. J'en ai repéré quelques-unes concernant la période la plus récente. Une exploitation plus étendue des sources vivantes les aurait peut-être évitées. Elles montrent au demeurant les limites d'une recherche essentiellement fondée sur la consultation d'archives ou de publications.

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07/02/2011

Presse: le match Lausanne - Genève

Histoire. La parution de Grandeurs et misères de la presse politique de l'historien Alain Clavien a été justement saluée. Ce professeur de l'Université de Fribourg a entrepris de raconter les vies parallèles de la Gazette de Lausanne et du Journal de Genève. De leur naissance jusqu'à la figure géométrique improbable d'une jonction tardive, qui préluda à leur commune extinction. La lecture du livre s'impose à qui s'intéresse à la presse politique et à l'histoire du pays romand. Elle laisse cependant quelques regrets et interrogations.

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02/02/2011

Egypte: les phylactères de la révolution

Télévision. Mardi dernier, en fin d'après-midi, la foule est innombrable sur la place Tahrir, au centre du Caire. Le rassemblement était annoncé. Je prends le temps de le contempler pendant une petite heure sur la chaîne Euronews. Des images sans commentaire, qui simplement se donnent à voir.

Les communications par Internet, les effets conjugués de Facebook et de Twitter modifient les mécanismes des mouvements populaires. Ils les accélèrent et les amplifient. La Tunisie vient d'en fournir l'illustration. Ils ne suffisent cependant ni à les créer, ni à les soutenir. L'Egypte, par un blocage total, mais tardif, en apporte la preuve.

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28/01/2011

Cher Walter Weideli

weideli page cornu 8 fév 2011.jpgGenève, le 28 janvier. Je viens d'achever La Partie d'échecs, vos Mémoires de dramaturge et de traducteur. Vous y évoquez aussi vos années de journalisme littéraire. J'ai lu le livre en moins de deux jours, je ne l'ai pas lâché.

Je ne fus qu'un passant furtif dans votre vie au Journal de Genève, au tout début des années 60. Encore étudiant, je fréquentais la rédaction chaque fin d'après-midi, pour un cinq à sept qui consistait à couper les dépêches du jour et à préparer une page de nouvelles internationales.

Nous avons établi alors, alors déjà, des contacts à propos des pages culturelles du journal, dont vous étiez l'ordonnateur. Vous veniez de réaliser un échange avec le supplément littéraire du quotidien de Varsovie Zycie Warszawy. Cela me passionnait. Vous m'avez rapidement accueilli dans la section «Lettres, Arts, Sciences» du samedi.

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25/01/2011

Hitler, Auschwitz, etc

Histoire. Les réactions à la note sur le passage de Jean-Claude Juncker à Mise au point n'ont pas manqué. Quelques-uns des commentaires étaient signés; ils ont été publiés. D'autres portaient des pseudonymes; ils n'ont pas été mis en ligne. J'ai essayé de convaincre leurs auteurs d'afficher leur identité. Je n'y suis pas parvenu ou n'ai pas reçu de réponse. Dommage. Je fais cependant état de l'une de ces réactions, qui mérite d'être connue pour son contenu.

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21/01/2011

Tabucchi et l'affaire Battisti

Justice. L'écrivain italien Antonio Tabucchi est l'auteur de livres magiques et subtils. Je les ai presque tous lus et conservés dans ma bibliothèque. Il est un homme chaleureux et sympathique. Je dois à Bernard Comment, son traducteur, de l'avoir rencontré il y a quelques années au Salon du Livre de Genève; nous avions alors surtout parlé de football, ce que je tiens pour un signe rassurant chez un intellectuel ou un artiste. Il est proche du grand Portugais António Lobo Antunes, qu'il a traduit en italien, et amoureux du Portugal - comment de pas l'être? Antonio Tabucchi s'affirme aussi, lorsqu'il le faut, engagé et courageux.

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17/01/2011

Blocher, Hitler, Juncker: un air nauséabond

Télévision. Très intéressant entretien, sur Mise au point (TSR) dimanche soir, avec Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois et actuel président de l'Eurogroupe, en charge de la monnaie européenne.

Un homme fin, intelligent, mesuré, dont le costume n'est pas taillé pour la politique-spectacle. Un très mauvais client pour animateur de télévision vibrionnant. En face de lui, Laurence Gemperlé sait trouver le ton juste. C'est, pour le téléspectateur romand, le dernier épisode de la série politique du moment.

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14/01/2011

Irène Némirovsky: qu'aucun souvenir ne se perde

Lecture. Ce livre fut la plus belle émotion de mon dernier automne. Je l'ai lu longtemps après sa parution en 2004, alors qu'étaient retombés le bruit et les éloges que valurent à Suite française sa parution posthume et l'octroi du Prix Renaudot.

Irène Némirovsky est née à Kiev au début du siècle, dans une famille juive aisée contrainte à l'exil après la révolution bolchévique. Négligée par une mère seulement préoccupée d'elle-même et de ses conquêtes masculines, elle connaît une enfance triste et solitaire. Elle se voit confiée à une nourrice, passe de gouvernante en précepteurs. De son éducation, elle reçoit cependant dès ses premières années une connaissance intime du français, qui deviendra sa langue d'écriture.

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09/01/2011

Le paradis des prisons russes

Justice. Quiconque l'a suivi garde en mémoire l'entretien mené avec Vladimir Poutine, premier ministre de Russie de son nouvel état, lors du journal du soir de France 2. C'était il y a six mois. On l'a relaté dans Marges. Interpellé sur les assassinats de journalistes dans son pays, il a cyniquement contre-attaqué sur l'état des prisons françaises. Vétustes comme on sait, inadaptées à une population carcérale croissante.

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27/12/2010

Quand j'entends le mot "culture"...

Histoire«Quand j'entends le mot "culture", je sors mon revolver». La formule continue à faire mouche. Elle est attribuée le plus souvent à Hermann Goering. Elle lui va bien, mais elle n'est pas de lui. Autre prétendant, Baldur von Schirach, le chef des Jeunesses hitlériennes. Encore raté. Les principaux acteurs de la tragédie nazie n'ont sans doute pas hésité à l'employer. Ce ne sont pas eux qui l'ont inventée.

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21/12/2010

Stendhal et les orpailleurs

Lecture. Vagabondage jouissif dans les œuvres intimes de Stendhal. Reprise des Souvenirs d'égotisme, lus il y a très longtemps, histoire de se frotter à cette incomparable écriture d'improvisation, précipitée, sèche et crépitante. J'y croise M. le comte de Ségur, qui «mourait de chagrin de ne pas être duc». «A ses yeux, note Stendhal, c'était pis qu'un malheur, c'était une inconvenance. Toutes ses idées étaient naines, mais il en avait beaucoup et sur tout». Une petite centaine de pages dans l'édition de la Pléiade, rédigées d'un jet, en deux semaines, brusquement interrompues.

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15/12/2010

Liberté de la presse: Karl contre Marx?

Idées. Le journaliste iranien Abdolreza Tajik vient de recevoir le Prix de la liberté de la presse de Reporters sans frontières. Incarcéré pour la troisième fois en juin dernier, il est toujours détenu. En Iran, la liberté de la presse est une liberté cher payée.

«Si vous tenez vraiment à juger la liberté de la presse non d'après son idée, mais d'après son existence historique, pourquoi ne l'allez-vous pas chercher là où elle existe historiquement? [...] Vous rencontrez dans l'Amérique du Nord le phénomène naturel de la liberté de la presse sous ses formes les plus pures.»

Ces lignes ne sont pas de Tocqueville - quant au style, on s'en douterait. Elles sont d'un journaliste de vingt-quatre ans, destinées en mai 1842 aux lecteurs de la Rheinische Zeitung. Le journal sera interdit l'année suivante.

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10/12/2010

Borloo est arrivé-é-é...

Télévision. Pathétique moment de télévision, jeudi soir au journal télévisé de France 2. On y  parle abondamment de neige et de verglas, comme partout ailleurs. Mais on s'y réserve une gâterie: «Le grand retour de Jean-Louis Borloo», comme l'annonce en ouverture David Pujadas. Une exclusivité de la chaîne, rappelée en cours de route. Restez avec nous, car dans quelques minutes JLB «sort du silence». Un silence observé depuis le remaniement du gouvernement, qui a confirmé François Fillon au poste de premier ministre, alors que JLB semblait en état d'y prétendre.

Arrive le moment des révélations. Borloo est en direct, plongé dans une ambiance festive. On célèbre autour de lui le cent-cinquième anniversaire de la loi sur la laïcité, à la Maison de l'Aveyron. David Pujadas attaque d'entrée: «D'abord un mot sur ce qui s'est passé à la mi-novembre. Avez-vous été trompé ou dupé?»

L'ancien ministre - il l'a été sans interruption de mai 2002 à novembre 2010 - fait aussitôt le pas de côté. Il est là pour célébrer les valeurs de la République, l'égalité, la fraternité, la liberté (citées dans cet ordre) et non pour parler de politique. Relance de Pujadas. C'est bien joli tout ça, mais ce remaniement, «comment l'avez-vous vécu?» Nouvelle esquive de JLB. «J'éprouve le besoin de me ressourcer dans le combat pour les valeurs de la République».

Ah, ah, ah, se dit Pujadas, promettant un dernier mot (il y en aura d'autres): «La République c'est aussi le gouvernement. Est-ce que Nicolas Sarkozy a changé d'avis à votre sujet?» Rebelote du côté de l'ancien ministre. Et cela continue.

Pujadas tournicote autour de JLB, mais il n'arrive pas à lui mordre le mollet. «Est-ce que vous n'avez pas de l'amertume? Serez-vous toujours un soutien de Nicolas Sarkozy?» Il essaie de l'amadouer en lui posant une question dont la réponse l'indiffère totalement («Quel est l'enjeu de cette soirée?»), avant de repartir de plus belle: «Etes-vous plus à l'aise hors du gouvernement? Allez-vous quitter la politique et revenir au métier d'avocat?» Arrive enfin la question qui tue: «Est-ce qu'il y aura une candidature Borloo en 2012?»

Cela dure six minutes. JLB n'entend parler que de République laïque et mâche jovialement sa langue de bois. Quant à Pujadas, il ne se pose pas la question d'un éventuel intérêt des téléspectateurs pour une manifestation sur la laïcité républicaine, aujourd'hui mise à mal par tant de vociférations identitaires. Si Jean-Louis Borloo doit sortir de son silence, ne serait-ce pas, au fond, pour permettre à David Pujadas de le côtoyer sur les grands titres des journaux du lendemain?

06/12/2010

L'être humain plutôt que son nombril

Lecture. Ce livre n'est pas une évasion. Il n'est pas de ceux qu'on glisse sous le sapin sans prévenir. L'hiver, au coin du feu avec un bon bouquin... Rien de cela. Ce livre est le feu même, qui brûle dès les premières lignes. Il est grave, il secoue, il bouleverse, porté par une écriture incandescente. Il retrouve les grandes interrogations de la littérature, quand elle s'intéresse à l'être humain plutôt qu'à son nombril.

Oui, définitivement, Où j'ai laissé mon âme, roman de Jérôme Ferrari, s'approche sur les rayons de ma bibliothèque de grands textes du siècle dernier, La Condition humaine, Les Mains sales, La Peste. Il est fait du même bois.

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01/12/2010

Lettre de Karl Barth à un pasteur de la R.D.A.

Histoire. Curieuse coïncidence, l'autre semaine. Le lundi, Médialogues m'invite à parler sur La Première de la Radio suisse romande de mon dernier livre, Les médias ont-ils trop de pouvoir? (éditions du Seuil). Deux jours plus tard, une collaboratrice de l'émission A vue d'esprit, sur Espace 2, enregistre un entretien pour une série diffusée cette semaine sous le titre «Ecrits de croyants». La discussion prend appui sur mon tout premier ouvrage, paru en 1968, Karl Barth et la politique (éditions Labor et Fides). L'émission est programmée le jeudi 2 décembre.

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23/11/2010

Sciascia, la Sicile et la Suisse

Lecture. Je viens d'achever la lecture du deuxième tome des œuvres complètes de l'écrivain sicilien Leonardo Sciascia. L'édition française en comporte trois. Plus de quatre mille pages! C'est un enchantement. Je m'y prépare depuis longtemps. Depuis que j'ai entendu Jean Daniel, journaliste que j'ai toujours tenu en haute estime, le citer parmi ses auteurs préférés. Souvenir si vivace que mon oreille en conserve encore la prononciation légèrement chuintante: «chia-chia».

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17/11/2010

Pseudonymes sur la Toile (III): pour les médias, une question de crédibilité

Débat. La modération des commentaires sur des sites médiatiques, tenus de connaître leurs sources, ne va pas de soi. Est-il possible de s'en sortir? C'est le dernier volet du bilan tiré à la suite de ma note «Commentaires sous pseudos: pourquoi ce jeu de cache-cache?» du 10 novembre.

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16/11/2010

Pseudonymes sur la Toile (II): comment les traiter?

Débat. La mise en débat de l'usage du pseudonyme sur un blog n'acceptant que des commentaires signés fait réagir. Elle ne concerne cependant que les sites de la Toile occupés par des médias, tenus pour responsables de tous leurs contenus devant la loi. Comment traiter les commentaires sous «pseudos»?

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15/11/2010

Pseudonymes sur la Toile (I): l'avis des autres

Débat. La note «Commentaires sous pseudos : pourquoi ce jeu de cache-cache?» du 10 novembre 2010 m'a valu de nombreuses réactions. Je m'attendais certes à en recevoir davantage que d'habitude. Mais pas à ce point. Je m'étais exprimé déjà sur La page du médiateur, en réponse à des plaintes au sujet de commentaires publiés sur les sites des journaux. Aucune de ces interventions ne m'a valu une telle avalanche. Cela explique cette note en trois parties, exceptionnellement longue, qui tentera de poser quelques jalons. Sans avoir le moins du monde la prétention d'épuiser le sujet.

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10/11/2010

Commentaires sous pseudos: pourquoi ce jeu de cache-cache?

Opinion publique. Censure! C'est la réaction la plus courante, lorsque réaction il y a, des porteurs de pseudonymes auxquels j'ose refuser à l'accès à Marges. Je ne le fais pourtant pas sans user de précautions, quel que soit le contenu du commentaire. Ni sans rappeler les conditions de publication indiquées sur la page d'accueil de ce blog.

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05/11/2010

"Le testament d'Olympe", regard nocturne de Chantal Thomas

Lecture. Parmi les droits de l'homme les plus imprescriptibles figure celui de se contredire soi-même. Voilà quelques petites semaines seulement, je disais dans Marges mon indifférence pour la rentrée littéraire et ma méfiance envers les prix divers qui la célèbrent. Et me voici emporté par un livre laissé sur le rivage par le flot des nouveautés et inscrit pour un temps sur la liste des ouvrages retenus en vue du Goncourt. L'œuvre d'un auteur que couronna déjà le Femina en 2002  pour Les Adieux de la Reine.

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01/11/2010

Les médias ont-ils trop de pouvoir?

Médias. Ça y est! Mon essai est sorti de presse. Il a enfilé le costume bleu pétrole de la collection «Médiathèque», aux éditions du Seuil. Il s'y trouve en bonne compagnie: Michel Field et Olivier Duhamel, Pierre Haski de Rue89, Laurent Joffrin de Libération...

Je le dis avec simplicité: je ne boude pas mon plaisir. C'est toujours un bonheur de tenir entre les mains un livre qui sent encore l'imprimerie, de caresser du regard sa couverture. Son titre formule une question: Les médias ont-ils trop de pouvoir?

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28/10/2010

Pollution sur la ligne

Communication. D'abord, c'était dérangeant. C'est vite devenu agaçant. C'est aujourd'hui exaspérant. Essayez de rester une journée entière chez vous. Vous vous exposez à vivre dangereusement. Avec un peu de malchance, il ne se passera pas deux heures sans qu'un appel téléphonique ne vienne vous tirer de vos occupations ou de votre tranquillité. Pour vous soumettre les questions d'un institut de sondage, vous proposer un changement d'assurance maladie, c'est la saison, les performances imbattables d'un nouvel opérateur téléphonique, les services d'obscures sociétés ou des lots de pinard. J'exagère? A peine. Il y a des jours comme ça.

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24/10/2010

La face cachée de "Léa", roman de Pascal Mercier

Lecture. Le nouveau roman de Pascal Mercier, Léa, repose sur la relation douloureuse entre un père et sa fille, violoniste prodige. Même s'il est partagé, l'amour de la musique ne suffit pas à compenser les déficiences affectives. L'esprit de Léa se brisera. Son précieux instrument, un Guarneri del Gesù œuvre d'un grand luthier de Crémone, sera fracassé.

L'histoire forme l'ossature visible du roman. Elle trouve cependant son véritable sens dans le récit qu'en propose le narrateur et dans les entrelacs tissés par celui-ci avec son propre parcours de vie. Ce narrateur est un chirurgien en panne de confiance, divorcé. Il est le père d'une fille adulte, avec laquelle il entretient des rapports incertains et distendus. Il rencontre le père de Léa par hasard, sur une terrasse de café à Saint-Rémy-de-Provence. L'un et l'autre habitent Berne. Ils feront ensemble, en voiture, le chemin du retour, avec une halte à Genève.

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