23/12/2009

Ouverture

L’ouverture de Marges répond à quelques envies. La première  tient aux circonstances du moment. Depuis quelques années, je me suis éloigné du journalisme au jour le jour. J’en reste un observateur. Je n’en suis plus un praticien. A part mes billets réguliers de médiateur, l’essentiel de mon temps d’écriture est consacré à la préparation de conférences, à la rédaction d’articles de revue, de livres. Cela m’amène à de multiples lectures, à des rencontres, à des expériences. Toutes mes découvertes ne s’intègrent pas dans mes projets. Je rédige actuellement un nouveau livre sur les médias et le journalisme. Comme toujours, un tel travail produit des « chutes ». Il serait dommage de les laisser perdre. Ce sont elles qui m’ont incité à tracer ces Marges.


La deuxième envie est de laisser filer une expression que La page du médiateur n’autorise guère. Le souci constant de concilier et d’expliquer, la nécessité de rappeler au besoin les normes et règles du journalisme sont peu propices aux aventures de la pensée ou aux fantaisies de l’écriture. Ces Marges devraient donc autoriser une liberté de ton et de sujets. Que l’internaute qui y débarquerait veuille bien considérer qu’elles sont personnelles, détachées de toute fonction passée (rédacteur en chef de la Tribune de Genève de 1982 à 1992) ou présente (médiateur depuis 1998). Elles accueilleront des notes, des réflexions, non des commentaires journalistiques. Elles attestent seulement un plaisir de partager des trouvailles, des idées, des perceptions. Le plaisir de la conversation, en somme.

Une troisième envie est de faire l’expérience d’une communication différente. Les Marges n’aspirent pas au papier journal; leur contenu ne s’y prêterait pas. Elles n’ont d’autres fins qu’elles-mêmes, elles sont un pur produit Web. Elles n’exposent leur auteur à aucune frustration, ni d’encre ni de colonnes imprimées.

Elles en imposeront peut-être une, de frustration, à certains internautes. Les Marges n’accepteront de s’ouvrir, en effet, qu’aux commentaires identifiés – sauf situation exceptionnelle. Elles rompent avec l’usage du pseudonyme, si répandu sur l’Internet. Parmi les autres blogs hébergés par la Tribune de Genève, elles rejoignent ainsi un petit noyau de résistants. Le plaisir de la conversation, c’est converser avec quelqu’un, ce n’est pas converser avec « on ».

Un premier essai a eu lieu ces dernières semaines dans La page du médiateur, par l’insertion de deux billets marginaux, sous l’appellation « Petit journal ». L’assemblage n’était pas convaincant. Ces billets ont été retirés de la page en question et se retrouveront comme premières contributions à Marges, où ils se faufileront pendant la trêve des confiseurs. Dès la mi-janvier, Marges devrait trouver son rythme de croisière.

 

Commentaires

Bravo pour cette belle initiative. Il y a trop peu de sages respectés dans le journalisme. Marges permettra à Daniel Cornu de faire part de son expérience des médias et de partager sa sagesse professionnelle et humaniste.

Écrit par : Marc Schindler | 20/02/2010

Nous avons travaillé ensemble de nombreuses années. Nous n'étions pas toujours d'accord, mais l'estime n'a jamais fait défaut. A l'âge de la retraite, nos réactions personnelles semblent diverger. Vous avez gardé la passion de notre metier passionnant, bravo. Pour moi, le soleil et l'éloignement l'ont atténuée. Encore que souvent je me hérisse de voir que le terme de journaliste est mis à des sauces qui ne sont pas les siennes.Cela dit, je lis toujours vos chroniques avec interêt et je serai un fidèle de cette nouvelle chronique.

Écrit par : Jean-Marie Laya | 07/03/2010

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