31/12/2009

Sur les pas de Park

Journalisme. Au cours des dernières semaines, j’ai fréquenté de près les écrits sur le journalisme du sociologue américain Robert Park. Park a commencé par exercer le métier comme city reporter, à Minneapolis, puis ailleurs et enfin à New York. Pendant une douzaine d’années, il a, raconte-t-il, beaucoup marché. A la toute fin du dix-neuvième siècle, c’était le lot du localier. Par la suite, il est devenu l’un des fondateurs de la fameuse école de sociologie de Chicago, qui s’est illustrée par ses recherches sur la vie urbaine. Comme l’un de ses contemporains, le sociologue allemand Max Weber, Park a donc oscillé pendant une période de sa vie entre le journalisme et l’université. Il nous dit sur le journalisme deux choses importantes.


La première est que le journalisme est un facteur d’intégration à la société. Park s’intéresse aux récits journalistiques porteurs d’un intérêt humain (human interest). Des récits que tout le monde comprend, qui touchent chacun et qui nourrissent la cohésion sociale, par la relation qu’on en fait autour de soi et les discussions qu’ils provoquent.

La nouvelle journalistique d’intérêt humain s’est imposée comme une forme d’information particulièrement adéquate dans les villes américaines du début du siècle dernier, où affluaient les immigrés. La Suisse, ses villes et ses bourgades, où s’établissent légalement ou non des nouveaux venus en provenance de la terre entière, ne constituent-elles pas désormais aussi une terre d’immigration?

La deuxième chose que nous dit Park est que la vraie influence d’un journal – son vrai pouvoir – ne tient pas tellement à l’expression de son éditorialiste qui, nous dit-il, «tonitrue en chaire». L’influence d’un journal tient à sa capacité d’enquête, à la mise au jour de réalités qui ne se perçoivent pas immédiatement, et qui parfois se dissimulent.

La publication de faits a toujours été privilégiée dans la tradition américaine du journalisme. «Ce sont les informations plutôt que les commentaires qui font l’opinion», écrit encore Park.

Deux pistes s’ouvrent. Celle d’un journalisme à la portée de tous. Celle d’un journalisme en quête de faits d’intérêt général. Que ce soit sur le papier ou sur l’écran, les pas de Park ne conduisent pas à des impasses.

 

Les commentaires sont fermés.