21/06/2010

Poutine m'a soufflé

Journalisme. Quel impudent, ce David Pujadas! Quel imprudent! Le voilà face à Vladimir Poutine, premier ministre de Russie de son nouvel état. Cela se passe à Sotchi, au bord de la mer Noire, à l'heure du journal de France 2. Il n'attaque pourtant pas de front, Pujadas. Il choisit la tangente. Il évoque sur un ton peu engagé, avec l'attention bienveillante d'un examinateur lors de l'épreuve orale du baccalauréat, les inquiétudes qui se font jour, sous nos latitudes, à propos des assassinats de journalistes en Russie. Que pensez-vous de ces inquiétudes, cher Monsieur?


Le Monsieur, premier ministre de Russie de son nouvel état, sourit. Un sourire glacé façon toundra. Eh bien voyons! Rien de surprenant. Il est dans la tradition des pays européens de donner la leçon aux autres. Bref mouvement tournant sur la période de la colonisation, puis contre-offensive façon Blitzkrieg: les violations des droits de l'homme existent partout. Il n'y a qu'à voir la situation dans les prisons en France.

Echec et mat. David Pujadas ramasse ses pions.

Au chapitre des droits de l'homme, Poutine aurait pu choisir le sort des jeunes des banlieues ou la place des immigrés, situations où les responsabilités politiques se confrontent à des conditions économiques et sociales complexes. Il préfère les prisons, qui engagent clairement des choix de gouvernement. Si l'on respecte les termes de la comparaison, cela signifie que les persécutions contre les journalistes, que les assassinats d'Anna Politovskaïa et de Natalia Estemirova relèvent également de la seule responsabilité gouvernementale.

Les prisons, d'ailleurs, sont-elles un si bon critère? Le surpeuplement, la promiscuité, l'insalubrité, la vétusté sont indéfendables. Que faudrait-il penser, à l'autre bout, d'un pays largement doté de prisons modèles et modernes, vastes, peut-être même confortables (il n'est pas interdit de rêver), jamais menacées d'overbooking? Vladimir Poutine, premier ministre de Russie de son nouvel état, sait que gouverner c'est prévoir.

Commentaires

Pujadas organise une mise en scène de ses interviews "sourire narquois" face Ségolène R. manière de discréditer les propos de l'interlocutrice , sourcils interrogatifs face à des syndicalistes en l'occurrence Thibault et Chérèque "cause toujours tu nous intéresses" il devient par contre outrageusement obséquieux face à Nicolas pas le footeux l'autre, c'est la caricature d'un journalisme formaté pour cirer les pompes des godillots gouvernementaux, alors qu'il y a tellement de talents dans l'espace médiatique français, combien de temps faudra-t-il supporter ces convenances du 20h

Écrit par : Pierre-André Briand | 21/06/2010

Les commentaires sont fermés.