01/09/2010

Pourquoi pas d'enfants?

Journalisme. Cela fait dix bons jours aujourd'hui et je n'en reviens toujours pas. C'était un dimanche. Longue interview de Karin Keller-Sutter, candidate saint-galloise au Conseil fédéral, dans Le Matin Dimanche. Ma lecture butte sur la question (je résume): «Pourquoi pas d'enfants?» Réponse de la candidate: «C'est quelque chose qu'on ne demanderait pas à un homme sans enfants, mais je comprends que ça intéresse les gens. Je vais donc y répondre, une fois pour toutes.»


Une fois pour toutes? Mais non! Le soir même, l'émission Mise au point de la Télévision suisse romande accueille Mme Keller-Sutter sur son plateau. Mine enfarinée de la journaliste qui mène l'entretien. Cela donne (en substance): «Pas d'enfants. Est-ce un choix personnel?». Retour donc sur des fausses couches, il y a près de vingt ans. L'expression du visage, le ton trahissent la blessure, à l'évocation de ces jours douloureux. Un moment de télévision pénible.

Cela intéresserait donc les gens? On les a habitués, avec Ruth Metzler, Ruth Dreifuss, Doris Leuthard. Et il y en aura d'autres. On pipolise à tout va. Une candidature féminine, bravo! Mais parlez-nous donc un peu, chère Madame, de votre célibat, de votre mari, de vos enfants... Comme si pour conquérir l'attention des citoyens, le pouvoir devait enfiler un pyjama. Pardon! Une nuisette.

Commentaires

Oui vous avez raison, toutes ces questions les poserait-on à un homme ?


" ... Comme si pour conquérir l'attention des citoyens, le pouvoir devait enfiler un pyjama. Pardon! Une nuisette. "


Remarque très pertinente !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 01/09/2010

Pour une fois que les choses sont dites dans ce domaine, on ne peut remercier l'auteur de cette réflexion!

La question ne se poserait pas à un homme : c'est un fait. Et l'interprération d'un tel choix existentiel est soumise à une géométrie variable. Son traitement, également.

Bonne chance à Karin Keller-Sutter! Gageons que ses qualités tant son CV politiques primeront sur des considérations machistes, bien primaires et à côté de la plaque.

Écrit par : Micheline Pace | 01/09/2010

Le pire c'est qu'avec Mise au point, c'est de l'opérateur public dont on parle.

Même si la TSR, et la RSR, restent d'un bon niveau, leur qualité s'est dégradée ces dix dernières années.

La couverture de l'actualité fédérale est une parodie: fausse course au scoop, enquête bâclée, etc.

A voir les actualités sur SF ou RTSI, on constate que nos amis suisses alémaniques et tessinois n'en sont pas là.

Pourquoi cette différence Monsieur Cornu?

Merci pour votre lecture critique de l'actualité.

Écrit par : Martin Löffelholz | 01/09/2010

Les commentaires sont fermés.