11/10/2010

Les bienfaits d'Arte

Télévision. Arte, la chaîne de télévision franco-allemande, vient de célébrer ses vingt ans. Je n'ai aucun souvenir de ses débuts, qui furent câblés et confidentiels. Je garde en mémoire son passage sur les ondes hertziennes et son ouverture au grand public, en octobre 1992. La chaîne avait programmé en soirée Les Ailes du désir, le beau film de Wim Wenders.


Parler de «grand public» à propos d'Arte reste un abus de langage. Le grand public ne se précipite pas. La moyenne d'audience en France se situe aux alentours des 2,5% des parts de marché. C'est peu, alors que l'ambition des débuts visait un objectif de 5% à 7%. Au fond, sans importance.

Arte reste une aire de repos sur les autoroutes du câble et de la TNT. Je n'y passe pas toutes mes soirées de télévision. Mais je ne choisis jamais un programme sans consulter celui de la chaîne. Je m'y arrête souvent.

Le choix des films échappe au moule. Record d'audience, la première diffusion de Marius et Jeannette, de Robert Guédiguian, a attiré quatre millions et demi de téléspectateurs. L'an dernier, La Journée de la jupe, avec Isabelle Adjani, a valu à la chaîne sa plus forte fréquentation.

Les soirées «Thema» valent le détour.

Arte, en somme, remplit son office. A sa création, la chaîne avait suscité des polémiques. Des sociologues fâchés, Dominique Wolton en tête, la soupçonnaient d'avance de fabriquer un alibi culturel, qui défausserait les chaînes généralistes de leurs responsabilités. Selon une enquête du Monde, cette dérive ne s'est pas produite, tout au moins sur les chaînes publiques. Le paysage ne s'y est guère modifié, les fictions de qualité et les soirées d'opéra seraient même plus nombreuses.

Arte ne s'est donc pas transformée en ghetto de la création et des idées.  Elle aurait plutôt servi de stimulant, donnant tort à son plus virulent contempteur au moment de son lancement. Dominique Wolton est un homme intelligent. Je suis certain qu'il s'en réjouit.

11:09 Publié dans Télévision | Tags : arte, cinéma, culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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