25/01/2011

Hitler, Auschwitz, etc

Histoire. Les réactions à la note sur le passage de Jean-Claude Juncker à Mise au point n'ont pas manqué. Quelques-uns des commentaires étaient signés; ils ont été publiés. D'autres portaient des pseudonymes; ils n'ont pas été mis en ligne. J'ai essayé de convaincre leurs auteurs d'afficher leur identité. Je n'y suis pas parvenu ou n'ai pas reçu de réponse. Dommage. Je fais cependant état de l'une de ces réactions, qui mérite d'être connue pour son contenu.


Mon propos - faut-il le rappeler ? - n'était pas de discuter les relations entre la Suisse et l'Union européenne. Il était de dénoncer des abus de langage fréquents, empruntés à la période du fascisme et du national-socialisme. Je ne distinguais pas entre les camps. J'aurais pu cependant infléchir en partie le discours, comme me le signale ce correspondant :

On appelle cela dans le langage internet la loi de Godwin http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin. Cela dit, en général, ce sont les gens de la Gauche qui traitent tout le monde de facho ou de nazi: Rappaz qui, après l'arrêt de sa grève de la faim, a dit que la Suisse est devenu un pays fasciste; le slogan «Freysinger, facho et déjà suisse » a été placardé par la jeunesse socialiste contre l'initiative; etc.

Je donne largement raison à ce commentateur. Le slogan de Mai 68 «CRS=SS» est encore dans toutes les mémoires. Qu'une assimilation analogue ait habité les manifestants zurichois auteurs de brutalités envers le conseiller national UDC Hans Fehr semble peu douteux. Alors que dans la même relation historique discutable, les méthodes de ces adeptes du chaos urbain rappelleraient elles-mêmes celles des SA...

On s'aperçoit que les mêmes armes tendent à servir à tout le monde. Une très intéressante analyse est parue l'autre jour dans Le Temps. Elle est titrée «Les faux amis d'Israël» et due à un professeur d'éthique américain, Ian Buruma.

L'auteur relève que des leaders populistes européens viennent apporter aujourd'hui leur soutien à l'Etat d'Israël en dénonçant un «islamo-fascisme». On y lit une réponse aux dénonciations par la gauche d'un Etat d'Israël «fasciste». Le prix Nobel de littérature José Saramago leur a assuré peu avant sa mort une expression incandescente en comparant Gaza, creuset d'une légitime indignation aujourd'hui, à Auschwitz, horreur d'un inoubliable jadis.

Tout cela accroît la confusion. Je relève dans cet article deux phrases qui rejoignent le propos que j'ai tenu au sujet de l'allusion à Hitler par Christoph Blocher: «Des analogies fallacieuses avec le passé trivialisent [lire «banalisent»] l'histoire. Si les Israéliens, ou les Palestiniens, sont assimilés aux nazis, alors l'horreur de ce qu'ont fait les nazis véritables perd de son acuité».

 

 

 

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