06/12/2010

L'être humain plutôt que son nombril

Lecture. Ce livre n'est pas une évasion. Il n'est pas de ceux qu'on glisse sous le sapin sans prévenir. L'hiver, au coin du feu avec un bon bouquin... Rien de cela. Ce livre est le feu même, qui brûle dès les premières lignes. Il est grave, il secoue, il bouleverse, porté par une écriture incandescente. Il retrouve les grandes interrogations de la littérature, quand elle s'intéresse à l'être humain plutôt qu'à son nombril.

Oui, définitivement, Où j'ai laissé mon âme, roman de Jérôme Ferrari, s'approche sur les rayons de ma bibliothèque de grands textes du siècle dernier, La Condition humaine, Les Mains sales, La Peste. Il est fait du même bois.

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20/01/2010

L'Algérie après tant et tant d'années

Lecture. A soixante-trois ans, Bernard est une épave. Il ne se soigne pas, il est sale, il boit. Il s’est installé dans une ruine, se déplace sur une vieille Mobylette. On l’appelle Feu-de-Bois, à cause de l’odeur. Il débarque un jour – c’est l’après-midi – à la salle des fêtes, où sa sœur célèbre son anniversaire. A la stupéfaction de l’entourage, il lui offre une broche en or nacré, chère, trop chère, aussitôt suspecte. D’où vient-elle? Avec quel argent? La réprobation monte, vague silencieuse contenue par cette prévenance craintive dont on entoure les ivrognes et les violents.

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12/01/2010

Camus au lit, Camus au marbre

Télévision. Camus est à tous. Camus est à chacun. Depuis quelques semaines, c’est à qui dira «son» Camus. Le lyrisme solaire et minéral de Noces. L’absurde de la condition humaine, de L’étranger et du Mythe de Sisyphe. La générosité fraternelle et sans illusion de La Peste. Les grands débats au sein de la gauche française, à partir de L’homme révolté. La guerre d’Algérie. Jusqu’à l’œuvre de sa vie, longtemps portée, éclose sur sa tombe de Lourmarin comme une fleur de la Toussaint, Le premier homme.

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16:52 Publié dans Journalisme | Tags : algérie, combat, camus | Lien permanent | Commentaires (2)