16/06/2010

Voyage dans des bibliothèques genevoises

Livres. Les écrans sont chronophages. Rien n'y peut changer, tout passe par eux. Mais ils font aussi gagner du temps. Comment faisait-on sans eux autrefois ? Par exemple, pour emprunter un livre dans une bibliothèque? Du temps de mes études, je garde le souvenir de la Bibliothèque publique et universitaire de Genève et de son fichier (ce n'est pas une métaphore: de vraies fiches de vrai bristol, enfilées sur une tringle, rangées dans des tiroirs). Il fallait reporter la référence sur un bulletin de commande, présenter sa requête au préposé. L'homme n'était pas grand. Il vous toisait de haut. Vous aviez toujours l'impression de le déranger, vous vous sentiez coupable de votre emprunt. Les livres de la BPU étaient gardés comme la réserve d'or de Fort Knox.

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23/02/2010

Le cercle des livres disparus

Lecture. La rédaction d'un essai n'est pas affaire de science infuse, elle passe par la lecture intensive d'articles et de livres. Tout ne peut pas sortir de son propre cerveau! Pour réfléchir, on a toujours besoin des autres, que l'on soit ou non d'accord avec eux.

Mon premier recours, ce sont des livres tirés de ma bibliothèque, déjà familiers, lus, relus parfois, annotés. Voici quarante ans, je crois, que je n'avais pas rouvert L'Homme unidimensionnel de Marcuse, qui fit tant de bruit à la fin des années soixante. C'était l'époque du grand refus. Aux Editions de Minuit, les pages jaunies, couvertes de notes au crayon pas toujours très lisibles. Les livres déjà défrichés, pour ne pas parler de celui-là, ne sont pas nécessairement les plus utiles. Ils ont déjà servi et, justement, les intérêts se sont déplacés.

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