14/01/2011

Irène Némirovsky: qu'aucun souvenir ne se perde

Lecture. Ce livre fut la plus belle émotion de mon dernier automne. Je l'ai lu longtemps après sa parution en 2004, alors qu'étaient retombés le bruit et les éloges que valurent à Suite française sa parution posthume et l'octroi du Prix Renaudot.

Irène Némirovsky est née à Kiev au début du siècle, dans une famille juive aisée contrainte à l'exil après la révolution bolchévique. Négligée par une mère seulement préoccupée d'elle-même et de ses conquêtes masculines, elle connaît une enfance triste et solitaire. Elle se voit confiée à une nourrice, passe de gouvernante en précepteurs. De son éducation, elle reçoit cependant dès ses premières années une connaissance intime du français, qui deviendra sa langue d'écriture.

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08/09/2010

Sur les traces du lièvre de Patagonie

Lecture. Le Lièvre de Patagonie, donc, mémoires de Claude Lanzmann, journaliste et cinéaste documentariste. Déjà passé entre plusieurs mains, l'épais volume m'a été prêté par un ami français, résident intermittent de Saint-Luc. Il le tenait lui-même d'un autre, dont le nom et l'adresse figurent en page de garde... La course du lièvre est imprévisible. Il retrouvera son terrier.

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24/03/2010

Karski et le juge Frankfurter

Histoire. Le billet sur la diffusion par Arte du Rapport Karski de Claude Lanzmann n'est pas resté sans réactions. Les plus critiques sont anonymes. J'ai tenté de convaincre leurs auteurs sous pseudonyme de signer de leur prénom et nom. Ma démarche demeure sans réponse à ce jour. Ces commentaires n'ont donc pas été publiés. Je le regrette.

Une supposition a choqué: que la marche du temps ait pu infléchir la perception par Jan Karski de son entrevue en 1943 avec le président Roosevelt. Dans un livre publié en 2009, le romancier Yannick Haenel dépeint par l'imagination un Karski  sans indulgence pour son interlocuteur et son indifférence envers le sort des Juifs en Europe. Le témoignage de Karski lui-même, recueilli en 1978 par Claude Lanzmann, soutient au contraire que « l'homme le plus puissant du monde », comme le désigne l'ancien résistant polonais, a entendu son rapport sur l'extermination. Non pas en réagissant sur le champ, mais après coup, par l'envoi d'une liste de personnalités à contacter, appartenant à des milieux religieux, intellectuels et politiques.

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18/03/2010

Shoah et falsification

Histoire. La chaîne Arte a diffusé le 17 mars en fin de soirée Le rapport Karski, un entretien de Claude Lanzmann avec le résistant polonais Jan Karski. Cet entretien eut lieu en 1978, il y a plus de trente ans. Lanzmann ne l'a pas retenu dans son film Shoah, mémorial consacré aux victimes juives des camps d'extermination nazis. Il s'en explique aujourd'hui dans un texte liminaire. Il invoque la longueur du film, ainsi que «des raisons proprement artistiques de tension dramatique».

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