02/02/2011

Egypte: les phylactères de la révolution

Télévision. Mardi dernier, en fin d'après-midi, la foule est innombrable sur la place Tahrir, au centre du Caire. Le rassemblement était annoncé. Je prends le temps de le contempler pendant une petite heure sur la chaîne Euronews. Des images sans commentaire, qui simplement se donnent à voir.

Les communications par Internet, les effets conjugués de Facebook et de Twitter modifient les mécanismes des mouvements populaires. Ils les accélèrent et les amplifient. La Tunisie vient d'en fournir l'illustration. Ils ne suffisent cependant ni à les créer, ni à les soutenir. L'Egypte, par un blocage total, mais tardif, en apporte la preuve.

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17/01/2011

Blocher, Hitler, Juncker: un air nauséabond

Télévision. Très intéressant entretien, sur Mise au point (TSR) dimanche soir, avec Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois et actuel président de l'Eurogroupe, en charge de la monnaie européenne.

Un homme fin, intelligent, mesuré, dont le costume n'est pas taillé pour la politique-spectacle. Un très mauvais client pour animateur de télévision vibrionnant. En face de lui, Laurence Gemperlé sait trouver le ton juste. C'est, pour le téléspectateur romand, le dernier épisode de la série politique du moment.

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10/12/2010

Borloo est arrivé-é-é...

Télévision. Pathétique moment de télévision, jeudi soir au journal télévisé de France 2. On y  parle abondamment de neige et de verglas, comme partout ailleurs. Mais on s'y réserve une gâterie: «Le grand retour de Jean-Louis Borloo», comme l'annonce en ouverture David Pujadas. Une exclusivité de la chaîne, rappelée en cours de route. Restez avec nous, car dans quelques minutes JLB «sort du silence». Un silence observé depuis le remaniement du gouvernement, qui a confirmé François Fillon au poste de premier ministre, alors que JLB semblait en état d'y prétendre.

Arrive le moment des révélations. Borloo est en direct, plongé dans une ambiance festive. On célèbre autour de lui le cent-cinquième anniversaire de la loi sur la laïcité, à la Maison de l'Aveyron. David Pujadas attaque d'entrée: «D'abord un mot sur ce qui s'est passé à la mi-novembre. Avez-vous été trompé ou dupé?»

L'ancien ministre - il l'a été sans interruption de mai 2002 à novembre 2010 - fait aussitôt le pas de côté. Il est là pour célébrer les valeurs de la République, l'égalité, la fraternité, la liberté (citées dans cet ordre) et non pour parler de politique. Relance de Pujadas. C'est bien joli tout ça, mais ce remaniement, «comment l'avez-vous vécu?» Nouvelle esquive de JLB. «J'éprouve le besoin de me ressourcer dans le combat pour les valeurs de la République».

Ah, ah, ah, se dit Pujadas, promettant un dernier mot (il y en aura d'autres): «La République c'est aussi le gouvernement. Est-ce que Nicolas Sarkozy a changé d'avis à votre sujet?» Rebelote du côté de l'ancien ministre. Et cela continue.

Pujadas tournicote autour de JLB, mais il n'arrive pas à lui mordre le mollet. «Est-ce que vous n'avez pas de l'amertume? Serez-vous toujours un soutien de Nicolas Sarkozy?» Il essaie de l'amadouer en lui posant une question dont la réponse l'indiffère totalement («Quel est l'enjeu de cette soirée?»), avant de repartir de plus belle: «Etes-vous plus à l'aise hors du gouvernement? Allez-vous quitter la politique et revenir au métier d'avocat?» Arrive enfin la question qui tue: «Est-ce qu'il y aura une candidature Borloo en 2012?»

Cela dure six minutes. JLB n'entend parler que de République laïque et mâche jovialement sa langue de bois. Quant à Pujadas, il ne se pose pas la question d'un éventuel intérêt des téléspectateurs pour une manifestation sur la laïcité républicaine, aujourd'hui mise à mal par tant de vociférations identitaires. Si Jean-Louis Borloo doit sortir de son silence, ne serait-ce pas, au fond, pour permettre à David Pujadas de le côtoyer sur les grands titres des journaux du lendemain?

11/10/2010

Les bienfaits d'Arte

Télévision. Arte, la chaîne de télévision franco-allemande, vient de célébrer ses vingt ans. Je n'ai aucun souvenir de ses débuts, qui furent câblés et confidentiels. Je garde en mémoire son passage sur les ondes hertziennes et son ouverture au grand public, en octobre 1992. La chaîne avait programmé en soirée Les Ailes du désir, le beau film de Wim Wenders.

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11:09 Publié dans Télévision | Tags : arte, cinéma, culture | Lien permanent | Commentaires (0)

27/09/2010

Rochebin en tenue de pion

Télévision. Mes mésaventures sur la blogosphère m'ont empêché de réagir au quart de tour. C'était le lundi 20 septembre, il y a tout juste une semaine. Le «19:30», journal télévisé de la Télévision suisse romande, signale les manques de l'école genevoise en matière d'enseignement de l'Histoire suisse.

Enquête en forme de micro-trottoir. Le Sonderbund (le « Sondrebond », disait Ramuz)? Connais pas. Comment? Une guerre civile en Suisse? Eh bien, oui. C'était en 1847 et cela s'est terminé grâce au général Dufour. Assez connu des Genevois, celui-là. Sa statue équestre dirige le trafic des transports publics et des automobiles sur la place Neuve, à Genève. Merci, la télévision.

La petite leçon de choses historiques se termine par un plateau. Darius Rochebin, présentateur consacré, reçoit un invité en direct.

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21/06/2010

Poutine m'a soufflé

Journalisme. Quel impudent, ce David Pujadas! Quel imprudent! Le voilà face à Vladimir Poutine, premier ministre de Russie de son nouvel état. Cela se passe à Sotchi, au bord de la mer Noire, à l'heure du journal de France 2. Il n'attaque pourtant pas de front, Pujadas. Il choisit la tangente. Il évoque sur un ton peu engagé, avec l'attention bienveillante d'un examinateur lors de l'épreuve orale du baccalauréat, les inquiétudes qui se font jour, sous nos latitudes, à propos des assassinats de journalistes en Russie. Que pensez-vous de ces inquiétudes, cher Monsieur?

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09/04/2010

Pédophilie sur l'Internet

Télévision. La dispute fait rage dans les médias. Des journalistes ont-ils le droit de dissimuler leur identité pour les besoins d'une enquête? Sont-ils légitimés à transmettre spontanément à la police des renseignements sur des criminels présumés ou potentiels? Les deux questions se posent après la diffusion par France 2 d'une émission du magazine Les Infiltrés, «Pédophilie: les prédateurs».

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